mercredi 28 décembre 2016

Livre numérique


Tour à tour désigné sous le nom de livrel, liseuse, ebook et reader chez les anglophones
, désignant au départ le contenu puis par glissement métonymique le contenant lui-même permettant la lecture, le livre électronique - plus communément appelé « livre numérique » depuis 2012 (cf Journal Officiel ) - demeure toujours un territoire équivoque en pleine mutation à l'heure où l'imprimé accélère son virage numérique.
Sa forme éditoriale pourrait être qualifiée de mutante tant elle témoigne de cette phase de transition. En 2013, le marché de l’édition numérique se partage entre trois modèles éditoriaux : le livre homothétique (copie conforme du livre imprimé) ; le livre numérique natif publié par des éditeurs dits pure-players ; le livre augmenté ou enrichi qui prend la forme d’une application multimédia interactive, généralement développée par des éditeurs jeunesse ou innovants. Sans évoquer tout un courant d’auteurs représentatifs du web littéraire et des nouvelles formes d’écritures numériques pour lequel la toile n’est elle-même qu’un grand livre numérique.
La naissance du livre électronique remonte avant même la création d’internet au premier livre numérisé en 1971 par le projet Gutenberg. En tant que produit commercialisé, le livre électronique date de la fin des années 90 après l’invention de l’encre électronique, la commercialisation des premières tablettes et la constitution des grandes bibliothèques et librairies numériques, que sont Gallica et Numilog.
Du point de vue informatique le livre électronique, dont les modalités technologiques de lecture n’ont cessé d’évoluer depuis 40 ans, est un  fichier ou un ensemble de fichiers qui peut être téléchargé, stocké et lu sur écran à l’aide de supports électroniques divers : terminaux dédiés et nomades tels que liseuses, tablettes tactiles ou smartphone ou bien sur ordinateur en mode « streaming » ou par téléchargement .
Dans l’écosystème du livre numérique, deux systèmes d’exploitation dominent, l’IOS fermé d’Apple et l’OS ouvert d’Android ;  la multiplicité des appareils de lecture numérique et des formats de fichiers - avec les problèmes de compatibilité entre écosystèmes qui en résultent - font écho à la concurrence que se livrent les constructeurs de terminaux mobiles pour gagner le marché de l’édition numérique. Les géants Amazon et Apple y font figure de leader grâce notamment à une stratégie de couplage entre l’offre éditoriale et le dispositif. Sur les quatre formats de fichiers les plus répandus, trois sont des formats libres et ouverts :  le xhtml, le pdf  et l’epub (dont la norme tend à s’imposer comme le standard de l’édition numérique). A l’inverse, le format fermé et propriétaire d’Amazon (azw) n’est lisible que sur les liseuses Kindle.
Sans oublier le format des livres applications, applications autonomes coûteuses et développées en langage de programmation. Ces nouvelles formes éditoriales échappent au circuit de diffusion traditionnelle de la librairie numérique et se téléchargent, selon le système d’exploitation requis, sur des plateformes de téléchargement dont Itunes et Google Play ont le monopole du marché.
A ces problématiques techniques s’ajoute la gestion des droits numériques, enjeu crucial qui touche à la commercialisation du livre numérique et au respect du droit d’auteur. Afin de protéger les œuvres et réduire les risques du piratage, les éditeurs sont nombreux à recourir à des systèmes de verrouillage de fichier, les DRM, qui conditionnent l’accès au fichier à l’utilisation d’un logiciel, contrôlent les droits du lecteur et entravent la transportabilité du fichier. Ces préventions des éditeurs numériques à l’égard du téléchargement ne sont pas sans incidences sur la diffusion des livres numériques par les librairies et sur le prêt en bibliothèque, pour lesquels elles constituent un frein majeur.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire